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Quand le bâtiment va bien, le groupe Addoha va mieux. De l'avis des observateurs du marché, la nouvelle recrue du Masi est bel et bien leader incontournable de la promotion immobilière au Maroc. En annonçant son introduction en bourse, Addoha cherche à institutionnaliser sa marque dans un secteur jouissant d'une image imaginaire, pas tout à fait exemplaire.
Il suffit de savoir que ce n'est pas le souci du cash qui a motivé le choix de son fondateur et actionnaire principal, Anas Sefrioui. D'habitude, les entreprises optent pour le marché boursier pour fuir les taux de financement parfois excessifs du réseau bancaire. Ce n'est surtout pas le cas pour Addoha. L'entreprise aurait pu puiser dans ses réserves, près de 1200 millions de DH, pour couvrir les besoins des chantiers ouverts ou annoncés partout au Maroc. Le cédant, Anas Sefroui, n'a pas non plus l'intention de geler le produit de l'opération OPV, soit 2,7 milliards de DH, dans des coffres suisses. Il compte le réinvestir au Maroc et se permet le droit de garder la confidence de l'affectation, jusqu'à ce que ses deux ou trois idées mûrissent, au mieux jusqu'à fin décembre. L'introduction en bourse est, par contre, une opération à caractère stratégique. Addoha tente de restaurer, en toute transparence, l'image d'un secteur perçu souvent à sens négatif par la collectivité, ne serait-ce qu'au vu de la culture du «noir » propagée à l'aval de la filière, juste avant la remise des clés. Face à ce discours généraliste, H. Sefrioui, par ailleurs Vide-président de la fédération des promoteurs immobiliers, garde une position ferme : «après 20 ans de métier, on en a marre .»
Une introduction en bourse est synonyme à un engagement au respect des normes de l'éthique et de transparence. « Nous avons atteint une taille importante qui nécessite le partage en ouvrant le capital à d'autres investisseurs », explique Chakib Tazi, le responsable financier du groupe lors d'une rencontre avec la presse tenue, le 2 juin dernier, au siège de la banque conseil, Attijariwafa bank. L'histoire retiendra qu'il s'agissait de la deuxième plus grosse OPV canalisée par la bourse de Casablanca, juste après le record de Maroc Telecom. Bien avant l'ouverture des souscriptions, prévue du 12 ou 20 juin à 585 DH l'action, l'unanimité est acquise. L'opération se soldera par un succès grâce à l'expertise et à la notoriété dont jouit le groupe chez les Marocains. C'est aussi grâce au potentiel de croissance du marché qui souffre d'un flagrant décalage entre l'offre et la demande.
La promotion immobilière est un métier complexe. Il faudra passer par pas moins de 100 signatures entre l'achat du terrain et la remise des clés aux acquéreurs. Addoha a aussi le mérite de produire à grande échelle dans un secteur à économies d'échelle. Plus on produit, plus on réduit le coût de l'unité. Le groupe produit l'équivalent de 40 logements par jour ou encore deux logements par heure. Pourtant, malgré les incitations fiscales (article 19), ou encore l'implication tardive mais efficace des banques (Addoha est lié, via des conventions de partenariat, à quatre banques :Attijari, CIH, BCP, BMCE), le déséquilibre persiste au Maroc. La production réglementaire à usage d'habitation n'est que de 60 à 80 milles unités par an contre une demande de 125.000 ménages. L'habitat non réglementaire à usage d'habitation (habitat insalubre dispersé, bidonvilles…) abrite annuellement 40.000 ménages. La dernière enquête sur le niveau de vie des ménages, remontant à 1998-99, a montré que pour plus de la moitié des ménages urbains, les dépenses de consommation demeurent inférieures à 3.500 DH par mois. Or un ménage dont le revenu mensuel est de 3500 DH doit consacrer le revenu complet, pendant cinq ans, pour accéder à un logement de 200.000 DH. De même, pour 30% du total des ménages dont le revenu est inférieur à 1,5 fois le SMIG, le logement réglementaire demeure inaccessible. C'est dire à quel point le potentiel de croissance chez un leader, tel le groupe Addoha, est énorme. A la veille de son introduction en bourse, la feuille de route pour les cinq années à venir est déjà tracée. Addoha continuera à développer ses projets à Casablanca tout en développant les chantiers lancés dans d'autres villes : Tanger, Marrakech, Salé, Safi et Fès. A l'horizon 2010, on table sur 5,6 milliards de DH de recettes, chose qui correspond à la commercialisation de 95.000 logements économiques et diversifiés. Les terrains de ce plan ambitieux sont déjà acquis à plus de 80%…
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